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9 novembre 2008

Ma Mémoire Horizon


Abel François Victorien est né le 03 Août 1896 à Pontchardon dans le département de l'Orne
C'est un soldat de 2ème classe du 156ème Régiment d'Infanterie-Son numéro de Matricule : 15741 au corps-Classe 1916

Numéro 734 au recrutement d'Alençon.


Il a bénéficié d'une permission au cours de laquelle sa mère (mon arrière grand-mère) l'a si bien soigné de ses engelures que toute sa vie elle l'a regretté "si j'avais su mon pauvre Petit ne serait pas reparti"... Mon arrière grand-père ne disait rien ayant souvent tempêté qu'il n'y avait jamais eu de déserteur dans la famille.

Abel François Victorien Marchand n'est jamais revenu dans son village de l'Orne. Il est mort pour la France "Tué à l'ennemi"le 16 avril 1917 à Moussy dans l'Aisne.

Il faisait partie des dizaines de milliers de combattants de toutes nationalités morts au Chemin des Dames au cours de l'offensive conduite par le général Nivelle au printemps 1917.


Ma grand-mère Augustine Marchand m'a souvent raconté l'histoire de ce Poilu tué dans la fleur de ses 20 ans et à jamais disparu quelque part dans l'Aisne loin de sa Normandie natale.


Depuis mon adolescence, je lis beaucoup sur le sujet, me documente et remonte peu à peu le temps et fixe sur des cahiers des témoignages et des récits que j'ai pu glaner ça et là.





Des lectures chocs comme "Le feu" d'Henri Barbusse et "les Croix de bois" de Roland Dorgeles me font toujours frémir; je ne pouvais ne pas penser à Abel Marchand, mon grand-oncle montant à l'offensive, baillonnette au canon, après avoir bu une rasade de ce mauvais vin que l'on donnait avant chaque assaut.


Résonnaient en moi les cris et les râles de ces mourrants implorants leur mère avant que les corbeaux , ces oiseaux des morts, viennent les défigurer ne laissant derrière eux que des charniers putrides...

Je préférais nettement qu'il ne soit endormi à jamais comme le dormeur du val de Rimbaud avec deux trous rouges au côté droit même si cette fin est tout aussi atroce.


Cette Grande Guerre qui devait être la Der des Ders a plongé de nombreuses familles dans le dénuement et le désarroi le plus complets... L'angoisse des plis bleus portés par le maire, les inscriptions qui n'en finissent pas sur les monuments aux morts des communes de France. Et quand ils en revenaient, de ce front de malheur, avec des images de feu et de peur plein les yeux, c'était le corps et l'esprit brisés et des gueules cassées pour certains.


Monument aux morts de Randonnai (61)
Relevé effectué par : André CAPMARTY,
33 personnes
Mis en ligne : 24/09/2008



Ce soir Abel le frère d'Augustine est venu à nouveau me rendre visite. J'ai mené mon enquête de ce côté du net via le Mémorial du Chemin des Dames; et ce n'est pas sans émotion que je l'ai retrouvé... Il devait trouver le temps long dans son carré militaire du Cimetière de Cerny en Laonnois mais tout cela je ne le savais point. Pour toute la famille, il avait été porté disparu et était à tout jamais un soldat inconnu déposé dans une fosse commune...



A quelques heures de la célébration de l'Armistice qui n'évoque hélas plus grand chose aux jeunes générations, je me prépare à ce voyage en Picardie, pour ces retrouvailles avec ce grand oncle perpétuant ainsi dans mon coeur son existence...






*à écouter "la chanson de Craonne" 2ème titre de ma play list*




30 octobre 2008

L'album de famille



Une brocante, un marché aux puces, un vide grenier, une salle des ventes, j'aime beaucoup remonter le temps dans ces lieux poussiéreux dignes de cavernes d'Ali Baba.

J'aime les dentelles et les ombrelles. J'ai une préférence pour l'Art Déco, les sautoirs en perle et les chapeaux cloches. J'apprécie les camisoles et les caracos en coton brodés, je donne une seconde vie aux chemises de nuit aux monogrammes secrets...

Je collectionne les vieux livres de poche, les almanachs mémoire d'un autre temps, les buvards publicitaires où la réclame n'était pas encore la publicité.


Trouvent grâce à mes prunelles un gramophone, des gants de filoselle, et l'esprit de vieilles demoiselles qui garderont à jamais leur teint de jeunes filles sur des photos couleur sépia...

C'est sans doute pour cela que j'ai emprunté cet album de famille un peu poussiéreux qui avait déjà été revisité dans l'écriture par Suzanne Prou.


Suzanne Prou découvre chez un marchand de bric à brac un de ces albums du temps passé. Un album à fermoir d'argent et tranches dorées.


A l'intérieur une vingtaine de photographie.


Des photos de famille, quelques prénoms sous ces dernières griffonnés d'une écriture maladroite.

Toutes ? sauf une ! Sous celle, en bistre, d'une femme vieillissante et au port altier, à la première page point d'identité.

L'auteure va donc lui imaginer un destin, et sur la lancée de son imaginaire elle va "redonner " la vie à tous les personnages de l'album : un passé, un présent et un avenir..

Insufflant une nouvelle vie à ces personnes du temps jadis, Suzanne Prou nous plonge dans la nostalgie du temps passé ...
Les personnages sont sortis à nouveau de leur cadre, ont secoué leurs habits plein de poussière et nous ont pris par la main pour les accompagner sur un nouveau chemin de vie...
Nous sommes tous confrontés à des choix de vie, Suzanne Prou a suivi son humeur, son instinct pour tracer des histoires parallèles aux précédentes qu'elle ne connaissait pas...

Pour ma part, j'aime assez imaginer des pans de vie quand je croise des regards complices ou fiévreux, quand je vois des couples avec ou sans enfants ou tout simplement rêver le passé de cette maison aux volets clos.
J'aimerais avoir le don de pouvoir entendre ceux qui nous ont précédés. Poser la main sur ce vieux murs et écouter les pierres séculaires me murmurer les histoires d'hier.

Enlacer un arbre, respirer l'écorce et me souvenir des rendez-vous murmurés ou bien trembler devant ces serments déclamés.


Fermer les yeux et rêver, me raconter des histoires et les faire vivre sur du papier...

Une de mes émissions préférées dans la petite lucarne...

12 octobre 2008

En passant quelques mots sur MAUPASSANT

Une participation à un concours de nouvelles organisé par la charmante bibliothèque ville de Triel sur Seine m'a donné l'envie de connaître un peu mieux Monsieur Guy de Maupassant...


Par ailleurs, je me suis beaucoup amusée à recréer le style de cette partie de campagne même si mon texte n'a pas trouvé écho auprès du jury de la bibliothèque...Il est vrai que ma nouvelle se passe au bord de la Marne, mauvaise pioche c'est la Seine qui est organisatrice du concours ;-)
Pas grave, je la garde au chaud cette nouvelle "à la manière de " et on ne sait jamais elle ressortira un jour au l'autre en plein jour éclaboussant (cela se passe au pays des guinguettes) un nouvel opus...

Après avoir donc noyé ma déception non pas dans un verre de Calvados* bien que je puisse revendiquer des origines normandes , j'attends une réponse de la SAPC (je me comprends), mais dans une tasse de Yogi Tea; j'ai décidé de continuer à me documenter sur le Sieur de Maupassant en lisant une des biographies consacrées à l'auteur, écrite par Henri TROYAT. Dieu que cette phrase est longue...







J'avoue que j'avais beaucoup aimé les adaptations des contes et des nouvelles à la télévision, de véritables petits bijoux qui rassemblaient sur le petit écran l'atmosphère et la grivoiserie que l'on trouve chez l'auteur.
Photo © Jean Pimentel / France 2


Henri Troyat étaye sa biographie à l'aide de correspondance que l'auteur a entretenue avec son ami ou père naturel ? Flaubert. Il insiste un peu trop à mon avis sur la vie débridée de l'écrivain et son penchant pour les filles légères et faciles. Maupassant passe à la moulinette la petite bourgeoisie qu'il cotoie de près courant avec un égal appétit après les femmes du peuple et du monde..








Vingt-sept livres publiés en dix ans. Une vie de météore, brève, fulgurante, partagée entre la débauche, le sport et l'écriture. Où faut-il chercher le vrai Maupassant ? Dans le petit fonctionnaire qui raille férocement ses collègues de bureau, écoute avec dévotion les conseils de son maître Flaubert et passe ses dimanches à canoter sur la Seine et à trousser les filles ? Dans l'auteur en vogue qui collectionne les gros tirages, organise des orgies burlesques, barre superbement son yacht sous le soleil de la Méditerranée et court des putains aux femmes du monde avec un égal appétit ? Dans l'artiste de génie, enfin, solitaire et secret, souffrant d'un mal incurable et qui lutte désespérément pour achever son oeuvre ? Multiple et insaisissable, aussi fier de ses muscles saillants que de sa plume féconde, de sa rudesse terrienne que de ses succès de salon, de ses débordements sexuels que de son refus des honneurs, Maupassant réunit tous ces hommes en un seul, et les contradictions de sa nature donnent à ses écrits un accent à la fois cynique et tendre, poétique et violent qui assure leur pérennité à travers les générations et les modes. Edition Flammarion 1992

J'ai refermé la biographie avec une certaine tristesse avec l'impression d'un gâchis prédestiné.
Maupassant est mort emporté par la folie. La syphilis a eu raison de ce corps d'athlète réduit à l'état de loque. A quatre pattes, il lèche les murs de sa cellule, chasse son fidèle serviteur François Tassart lui reprochant d'avoir envoyé une lettre à Dieu dans laquelle il l'accusait d'avoir sodomisé une poule et une chèvre...
Emporté par la folie et seul, interné dans la célèbre maison de santé du Docteur Blanche. Ni son père, ni sa mère ne feront le déplacement pour accompagner leur fils à sa dernière demeure. Laure de Maupassant a envoyé sa femme de chambre Marie May. Le docteur Fanton d'Andon, frère de la veuve d'Herve (le frère de Guy) représente la famille. Le fidèle serviteur plongé dans une grande tristesse suit l'enterrement de sa propre vie...

Maupassant qui voulait être enseveli en pleine terre est mis dans un triple cerceuil de sapin, de zinc et de chêne; l'exigence de l'écrivain ayant été jugée indécente par l'administration des Pompes Funèbres.

Alexandre Dumas fils soupire : Quelle destinée ! quelle perte pour les lettres ! Ah ! c'était un lapin !" Cette virile oraison funèbre n'aurait pas déplu à l'ancien canotier de "La Grenouillère".


Ajout du 22 Octobre 2008, la bibliothèque de Triel sur Seine vient de m'adresser mon prix de participation : " Contes du jour et de la nuit" de...Guy de Maupassant. Je suis ra vie :)


4 octobre 2008

Les promesses d'Octobre...

Les nouvelles tombent comme les feuilles d'automne (cette saison malade et adorée, chère à Appolinaire) et appartiennent déjà au passé...




J'essaye de faire contre mauvaise fortune bon coeur et je pense à un avenir proche, meilleur où je pourrai enfin m'épanouir dans tout ce qui est ma vie : l'écriture. Je ne cède pas ma place aussi facilement ! Consciente que personne ne m'attend dans ce sérail-microcosme littéraire, à moi de rentrer par les portes annexes !

Je vous livre le poème qui a été pré-selectionné pour la nouvelle aventure du concours Paris Poésie Edition 2009. J'espère que ce dernier fera partie comme les précédents de la 4ème édition.

C'est parce que les votes se font sur intra-paris que je me permets de le publier ici en toute liberté...

Un poème dont le sujet me vrille les tripes à chaque fois que je croise ces marionnettes déshumanisées, ces hommes et femmes en errance...Un sourire, un bonjour c'est peu mais pour eux c'est beaucoup...Qui sait ? la frontière qui nous sépare est parfois invisible...





SDF

Le dos courbé par le poids de la misère
Ils tracent le macadam à pas comptés
Leur quotidien c’est pire que la galère
De survivre ils en ont parfois assez

Nous qui les croisons sans les voir
Ces silhouettes aux visages burinés
Dans leur regard ne brille nul espoir
Leur présent se conjugue au passé

Pour seul fidèle compagnon, un chien
Dans son regard mouillé de la tendresse
De leurs semblables ils n’attendent rien
Ils n’ont que la bouteille pour maîtresse

Quand la faucheuse un jour le surprendra
Dans son fragile sommeil ou dans une rixe
L’homme fatigué dans la mort s’endormira
Ainsi va la morne vie d’un sans domicile fixe






Copyright©Maryline Martin octobre 2008











un clic sur le logo : Emmaüs France, association loi 1901, membre d’Emmaüs international, a su développer, avec persévérance des réponses originales et complémentaires pour contribuer à endiguer les différentes formes de l’exclusion.


Ajout du 17/02/09

Le poème a été publié ici :


3 septembre 2008

Rentrée studieuse




Un séjour à Kusadasi (Turquie) où j'ai pu déambuler dans les ruelles du magnifique site d'Ephèse...Ma mémoire bande magnétique a essayé de tout enregistrer de ce patrimoine archéologique dont le temple dédié à Artémis est considéré comme l'une des sept merveilles du monde.

Un retour ajourné et mouvementé (Izmir-Munich-Paris) qui m'a conduit à passer aux frais de Sun Express une nuit à l'hôtel Hilton d'Izmir...


Ma vie, parfois, ressemble à un roman...
Rentrée studieuse qui me tiendra éloignée de cette petite maison virtuelle, portée par quelques projets qui me tiennent à coeur et comme le dit La Fontaine :







W. Aractingy 81 x 100 cm, Janvier 1989


A bientôt !

30 juillet 2008

Lectures d'été 2








Dans mon panier cette semaine :






Pour préparer mon futur voyage : la Turquie. De l'Empire Ottoman à la République d'Atatürk de Thierry Zarcone

La biographie de Jean Jaurès par Max Gallo...Normal quand on se veut d'écrire sur une période donnée, il faut un tant soit peu se documenter et toutes ses lectures apportent de la matière à mon prochain ouvrage...

Un peu de philo (réminissence de mes études littéraires) avec "le bonheur désespérement" de Monsieur André COMTE-SPONVILLE : la sagesse serait au contraire de vivre pour de bon, au lieu d'espérer vivre ...

Et "Profils perdus " de Phlippe Soupault qui sont autant de rencontres dans un Paris en noir et blanc cher à mon coeur...

J'oubliais "le Sourire de l'Ange " de Jeanne Bourin, une profession de foi...


Pour revenir au précédent article : je n'ai pas accroché au livre de Noëlle Chatelet, un auteur que j'aime particulièrement mais ce livre où feue la mère de Mme Chatelet annonce sa mort programmée à ses enfants (ce n'est pas de l'euthanasie mais plus une chronique d'un départ pour l'autre rive choisi et annoncé ) m'a heurtée. L'auteur a été sous le choc de cette date couperet (le lendemain de son anniversaire décidée en premier lieu, le lecteur lui est au bord d'un gouffre, il perd pied...j'ai voulu faire acte d'empathie mais je n'ai pu continuer...

Enfin, jai commandé (faute de le trouver dans les différentes bibliothèques parisiennes) le livre de Michèle Savary sur Sarajevo 1914 ...

Les mots se télescopent toujours et nourrissent mon imaginaire...
Je hante les salles obscures des théatres et des cinémas... à venir "la Perruche et le Poulet" et ma dernière toile : "le premier jour du reste de ma vie" avec un de mes acteurs fétiches : Jacques Gamblin d'ailleurs Jacques si vous passez par hasard sur ce blog (on peut toujours rêver) ....

Et vous ? Quel est votre programme de ce mois d'août ?

17 juillet 2008

Lectures d'été

Voici mes lectures des prochains jours, car je suis une véritable papivore...Je me nourris des mots des autres, je les scrute, me les mets en bouche et m'en délecte avant de les avaler goulument.




Le plaisir de lire...Mes pas m'emmènent vers des lieux magiques : les bibliothèques de mon quartier...au nombre de trois....dans lesquelles j'aime me perdre et nouer des liens privilégiés avec ces employés pour certains passionnés...



Aujourd'hui dans mon panier :





  • Annie Ernaux : le journal du dehors




  • Françoise Giroud : C'est arrivé hier

  • Noëlle Chatelet : la dernière leçon




  • Annabelle Buffet : Post Scriptum



Est ce une coïncidence mais ces livres tendent à parler du quotidien d'une époque pour le premier (de 1985 à 1992), d'une année : 1999 pour le deuxième.


La dernière leçon c'est le récit de la mort choisie par la mère de l'écrivain, un bilan sur la fin de vie et Annabelle Buffet nous parle de Bernard, seule face à un vide insondable, celui de la disparition d'un être cher...



Ces titres s'enchainent, se contorsionnent devant mes yeux...Fabuleuse portée de l'écriture, fabuleuse empreinte de ces mots qui permettent de laisser un peu de nous quand le mot "fin" s'inscrit au terme de notre légende personnelle...