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17 février 2009

La Chambre des Officiers


Hier soir j'ai levé le nez de mes livres d'histoire, j'ai allumé la boîte à images pour visionner un superbe film de François Dupeyron sorti en 2001 : La chambre des officiers tiré du livre éponyme de Marc Dugain.
L'histoire :

Août 1914. Adrien, jeune lieutenant du génie, s'apprête à monter dans le train pour rejoindre son unité. Sur le quai de la gare, au milieu de la foule, il aborde Clémence, qui vient de faire ses adieux à son mari et s'offre à lui, quelques instants plus tard. Dernier instant de pur bonheur pour Adrien. Peu après, alors qu'il effectue une reconnaissance à cheval non loin de la ligne de front, il est grièvement blessé au visage par un éclat d'obus. La mâchoire à moitié emportée, il est rapatrié à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce. Commence alors pour lui un long calvaire, dans la chambre réservée aux officiers, où il reçoit les soins d'une infirmière au grand coeur, Anaïs.
  • 5 ans entre parenthèses ,
  • 5 ans à nouer des amitiés irréductibles,
  • 5 ans à se préparer à l'Avenir...

Un film magnifique sur l'immense courage de ces gueules cassées (parmi les 4 millions de blessés graves de la Grande Guerre) qui ont pour tout miroir le regard des autres.

A un nouveau blessé arrivé depuis peu dans cette chambre et qui ne peut supporter de vivre, Adrien hurle :

"La guerre continue dans ta tête, mais elle est finie. Tu as le droit de vivre. On a le droit de vivre..."

Un autre aura été retrouvé dans la salle de bains baignant dans son sang n'ayant pas supporté le rejet et le dégoût de sa femme et de ses deux enfants...



Paradoxe de la guerre où l'on innove sans cesse dans les nouveaux moyens de combattre et de tuer (obus industriels, ypérite) mais aussi dans l'art d'opérer et de réparer (greffes osseuses).

La délégation des Gueules Cassées à Versailles, le 28 juin 1919

4 commentaires:

karine a dit…

Tu deviens la spécialiste de la guerre 14/18, dis-moi... Je n'ai pas vu ce film mais le sujet me semble vraiment trop triste... même s'il faut l'évoquer, bien sûr, que ce soit par un film ou un livre... Bises. Karine.

Maryline MARTIN a dit…

Je ne sais pas si je deviens spécialiste mais il est vrai que ma documentation s'étoffe, que je rencontre des gens formidables très érudits et que je poursuis mes recherches afin de calquer au plus près de la réalité...Je dois bien ça au poilu de ma famille et aussi à tous les autres...le film est à voir vraiment...Une belle distribution et un scénario très bien écrit. je t'embrasse Maryline

Marie a dit…

Je viens de le voir ce week-end. Je dois dire que c'est le plus déprimant film passé sous mes yeux.
l'histoire est si forte qu'on ne peut même pas juger de la forme... et constamment cette peur de vivre avec cette gueule là qui nous fait bouffer le film sans possibilité de s'en échapper.

Un film pour ceux qui ont la force de voir les choses en face.

Anonyme a dit…

Un film cru tout comme sa lumière, poignant et percutant mais aussi rempli d'espoir...Je te conseille aussi un long dimanche de fiancailles si tu ne l'as pas déjà vu...Bises MM