Hier soir j'ai levé le nez de mes livres d'histoire, j'ai allumé la boîte à images pour visionner un superbe film de François Dupeyron sorti en 2001 : La chambre des officiers tiré du livre éponyme de Marc Dugain.
L'histoire :

L'histoire :
Août 1914. Adrien, jeune lieutenant du génie, s'apprête à monter dans le train pour rejoindre son unité. Sur le quai de la gare, au milieu de la foule, il aborde Clémence, qui vient de faire ses adieux à son mari et s'offre à lui, quelques instants plus tard. Dernier instant de pur bonheur pour Adrien. Peu après, alors qu'il effectue une reconnaissance à cheval non loin de la ligne de front, il est grièvement blessé au visage par un éclat d'obus. La mâchoire à moitié emportée, il est rapatrié à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce. Commence alors pour lui un long calvaire, dans la chambre réservée aux officiers, où il reçoit les soins d'une infirmière au grand coeur, Anaïs.
- 5 ans entre parenthèses ,
- 5 ans à nouer des amitiés irréductibles,
- 5 ans à se préparer à l'Avenir...
Un film magnifique sur l'immense courage de ces gueules cassées (parmi les 4 millions de blessés graves de la Grande Guerre) qui ont pour tout miroir le regard des autres.
A un nouveau blessé arrivé depuis peu dans cette chambre et qui ne peut supporter de vivre, Adrien hurle :"La guerre continue dans ta tête, mais elle est finie. Tu as le droit de vivre. On a le droit de vivre..."
Un autre aura été retrouvé dans la salle de bains baignant dans son sang n'ayant pas supporté le rejet et le dégoût de sa femme et de ses deux enfants...
Paradoxe de la guerre où l'on innove sans cesse dans les nouveaux moyens de combattre et de tuer (obus industriels, ypérite) mais aussi dans l'art d'opérer et de réparer (greffes osseuses).
La délégation des Gueules Cassées à Versailles, le 28 juin 1919