
Abel François Victorien est né le 03 Août 1896 à Pontchardon dans le département de l'Orne
C'est un soldat de 2ème classe du 156ème Régiment d'Infanterie-Son numéro de Matricule : 15741 au corps-Classe 1916
C'est un soldat de 2ème classe du 156ème Régiment d'Infanterie-Son numéro de Matricule : 15741 au corps-Classe 1916
Numéro 734 au recrutement d'Alençon.
Il a bénéficié d'une permission au cours de laquelle sa mère (mon arrière grand-mère) l'a si bien soigné de ses engelures que toute sa vie elle l'a regretté "si j'avais su mon pauvre Petit ne serait pas reparti"... Mon arrière grand-père ne disait rien ayant souvent tempêté qu'il n'y avait jamais eu de déserteur dans la famille.
Abel François Victorien Marchand n'est jamais revenu dans son village de l'Orne. Il est mort pour la France "Tué à l'ennemi"le 16 avril 1917 à Moussy dans l'Aisne.
Il faisait partie des dizaines de milliers de combattants de toutes nationalités morts au Chemin des Dames au cours de l'offensive conduite par le général Nivelle au printemps 1917.
Ma grand-mère Augustine Marchand m'a souvent raconté l'histoire de ce Poilu tué dans la fleur de ses 20 ans et à jamais disparu quelque part dans l'Aisne loin de sa Normandie natale.
Depuis mon adolescence, je lis beaucoup sur le sujet, me documente et remonte peu à peu le temps et fixe sur des cahiers des témoignages et des récits que j'ai pu glaner ça et là.

Des lectures chocs comme "Le feu" d'Henri Barbusse et "les Croix de bois" de Roland Dorgeles me font toujours frémir; je ne pouvais ne pas penser à Abel Marchand, mon grand-oncle montant à l'offensive, baillonnette au canon, après avoir bu une rasade de ce mauvais vin que l'on donnait avant chaque assaut.
Résonnaient en moi les cris et les râles de ces mourrants implorants leur mère avant que les corbeaux , ces oiseaux des morts, viennent les défigurer ne laissant derrière eux que des charniers putrides...
Je préférais nettement qu'il ne soit endormi à jamais comme le dormeur du val de Rimbaud avec deux trous rouges au côté droit même si cette fin est tout aussi atroce.
Cette Grande Guerre qui devait être la Der des Ders a plongé de nombreuses familles dans le dénuement et le désarroi le plus complets... L'angoisse des plis bleus portés par le maire, les inscriptions qui n'en finissent pas sur les monuments aux morts des communes de France. Et quand ils en revenaient, de ce front de malheur, avec des images de feu et de peur plein les yeux, c'était le corps et l'esprit brisés et des gueules cassées pour certains.

Monument aux morts de Randonnai (61)
Relevé effectué par : André CAPMARTY,
33 personnes
Mis en ligne : 24/09/2008
Relevé effectué par : André CAPMARTY,
33 personnes
Mis en ligne : 24/09/2008
Ce soir Abel le frère d'Augustine est venu à nouveau me rendre visite. J'ai mené mon enquête de ce côté du net via le Mémorial du Chemin des Dames; et ce n'est pas sans émotion que je l'ai retrouvé... Il devait trouver le temps long dans son carré militaire du Cimetière de Cerny en Laonnois mais tout cela je ne le savais point. Pour toute la famille, il avait été porté disparu et était à tout jamais un soldat inconnu déposé dans une fosse commune...
A quelques heures de la célébration de l'Armistice qui n'évoque hélas plus grand chose aux jeunes générations, je me prépare à ce voyage en Picardie, pour ces retrouvailles avec ce grand oncle perpétuant ainsi dans mon coeur son existence...

*à écouter "la chanson de Craonne" 2ème titre de ma play list*