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30 octobre 2008

L'album de famille



Une brocante, un marché aux puces, un vide grenier, une salle des ventes, j'aime beaucoup remonter le temps dans ces lieux poussiéreux dignes de cavernes d'Ali Baba.

J'aime les dentelles et les ombrelles. J'ai une préférence pour l'Art Déco, les sautoirs en perle et les chapeaux cloches. J'apprécie les camisoles et les caracos en coton brodés, je donne une seconde vie aux chemises de nuit aux monogrammes secrets...

Je collectionne les vieux livres de poche, les almanachs mémoire d'un autre temps, les buvards publicitaires où la réclame n'était pas encore la publicité.


Trouvent grâce à mes prunelles un gramophone, des gants de filoselle, et l'esprit de vieilles demoiselles qui garderont à jamais leur teint de jeunes filles sur des photos couleur sépia...

C'est sans doute pour cela que j'ai emprunté cet album de famille un peu poussiéreux qui avait déjà été revisité dans l'écriture par Suzanne Prou.


Suzanne Prou découvre chez un marchand de bric à brac un de ces albums du temps passé. Un album à fermoir d'argent et tranches dorées.


A l'intérieur une vingtaine de photographie.


Des photos de famille, quelques prénoms sous ces dernières griffonnés d'une écriture maladroite.

Toutes ? sauf une ! Sous celle, en bistre, d'une femme vieillissante et au port altier, à la première page point d'identité.

L'auteure va donc lui imaginer un destin, et sur la lancée de son imaginaire elle va "redonner " la vie à tous les personnages de l'album : un passé, un présent et un avenir..

Insufflant une nouvelle vie à ces personnes du temps jadis, Suzanne Prou nous plonge dans la nostalgie du temps passé ...
Les personnages sont sortis à nouveau de leur cadre, ont secoué leurs habits plein de poussière et nous ont pris par la main pour les accompagner sur un nouveau chemin de vie...
Nous sommes tous confrontés à des choix de vie, Suzanne Prou a suivi son humeur, son instinct pour tracer des histoires parallèles aux précédentes qu'elle ne connaissait pas...

Pour ma part, j'aime assez imaginer des pans de vie quand je croise des regards complices ou fiévreux, quand je vois des couples avec ou sans enfants ou tout simplement rêver le passé de cette maison aux volets clos.
J'aimerais avoir le don de pouvoir entendre ceux qui nous ont précédés. Poser la main sur ce vieux murs et écouter les pierres séculaires me murmurer les histoires d'hier.

Enlacer un arbre, respirer l'écorce et me souvenir des rendez-vous murmurés ou bien trembler devant ces serments déclamés.


Fermer les yeux et rêver, me raconter des histoires et les faire vivre sur du papier...

Une de mes émissions préférées dans la petite lucarne...

12 octobre 2008

En passant quelques mots sur MAUPASSANT

Une participation à un concours de nouvelles organisé par la charmante bibliothèque ville de Triel sur Seine m'a donné l'envie de connaître un peu mieux Monsieur Guy de Maupassant...


Par ailleurs, je me suis beaucoup amusée à recréer le style de cette partie de campagne même si mon texte n'a pas trouvé écho auprès du jury de la bibliothèque...Il est vrai que ma nouvelle se passe au bord de la Marne, mauvaise pioche c'est la Seine qui est organisatrice du concours ;-)
Pas grave, je la garde au chaud cette nouvelle "à la manière de " et on ne sait jamais elle ressortira un jour au l'autre en plein jour éclaboussant (cela se passe au pays des guinguettes) un nouvel opus...

Après avoir donc noyé ma déception non pas dans un verre de Calvados* bien que je puisse revendiquer des origines normandes , j'attends une réponse de la SAPC (je me comprends), mais dans une tasse de Yogi Tea; j'ai décidé de continuer à me documenter sur le Sieur de Maupassant en lisant une des biographies consacrées à l'auteur, écrite par Henri TROYAT. Dieu que cette phrase est longue...







J'avoue que j'avais beaucoup aimé les adaptations des contes et des nouvelles à la télévision, de véritables petits bijoux qui rassemblaient sur le petit écran l'atmosphère et la grivoiserie que l'on trouve chez l'auteur.
Photo © Jean Pimentel / France 2


Henri Troyat étaye sa biographie à l'aide de correspondance que l'auteur a entretenue avec son ami ou père naturel ? Flaubert. Il insiste un peu trop à mon avis sur la vie débridée de l'écrivain et son penchant pour les filles légères et faciles. Maupassant passe à la moulinette la petite bourgeoisie qu'il cotoie de près courant avec un égal appétit après les femmes du peuple et du monde..








Vingt-sept livres publiés en dix ans. Une vie de météore, brève, fulgurante, partagée entre la débauche, le sport et l'écriture. Où faut-il chercher le vrai Maupassant ? Dans le petit fonctionnaire qui raille férocement ses collègues de bureau, écoute avec dévotion les conseils de son maître Flaubert et passe ses dimanches à canoter sur la Seine et à trousser les filles ? Dans l'auteur en vogue qui collectionne les gros tirages, organise des orgies burlesques, barre superbement son yacht sous le soleil de la Méditerranée et court des putains aux femmes du monde avec un égal appétit ? Dans l'artiste de génie, enfin, solitaire et secret, souffrant d'un mal incurable et qui lutte désespérément pour achever son oeuvre ? Multiple et insaisissable, aussi fier de ses muscles saillants que de sa plume féconde, de sa rudesse terrienne que de ses succès de salon, de ses débordements sexuels que de son refus des honneurs, Maupassant réunit tous ces hommes en un seul, et les contradictions de sa nature donnent à ses écrits un accent à la fois cynique et tendre, poétique et violent qui assure leur pérennité à travers les générations et les modes. Edition Flammarion 1992

J'ai refermé la biographie avec une certaine tristesse avec l'impression d'un gâchis prédestiné.
Maupassant est mort emporté par la folie. La syphilis a eu raison de ce corps d'athlète réduit à l'état de loque. A quatre pattes, il lèche les murs de sa cellule, chasse son fidèle serviteur François Tassart lui reprochant d'avoir envoyé une lettre à Dieu dans laquelle il l'accusait d'avoir sodomisé une poule et une chèvre...
Emporté par la folie et seul, interné dans la célèbre maison de santé du Docteur Blanche. Ni son père, ni sa mère ne feront le déplacement pour accompagner leur fils à sa dernière demeure. Laure de Maupassant a envoyé sa femme de chambre Marie May. Le docteur Fanton d'Andon, frère de la veuve d'Herve (le frère de Guy) représente la famille. Le fidèle serviteur plongé dans une grande tristesse suit l'enterrement de sa propre vie...

Maupassant qui voulait être enseveli en pleine terre est mis dans un triple cerceuil de sapin, de zinc et de chêne; l'exigence de l'écrivain ayant été jugée indécente par l'administration des Pompes Funèbres.

Alexandre Dumas fils soupire : Quelle destinée ! quelle perte pour les lettres ! Ah ! c'était un lapin !" Cette virile oraison funèbre n'aurait pas déplu à l'ancien canotier de "La Grenouillère".


Ajout du 22 Octobre 2008, la bibliothèque de Triel sur Seine vient de m'adresser mon prix de participation : " Contes du jour et de la nuit" de...Guy de Maupassant. Je suis ra vie :)


4 octobre 2008

Les promesses d'Octobre...

Les nouvelles tombent comme les feuilles d'automne (cette saison malade et adorée, chère à Appolinaire) et appartiennent déjà au passé...




J'essaye de faire contre mauvaise fortune bon coeur et je pense à un avenir proche, meilleur où je pourrai enfin m'épanouir dans tout ce qui est ma vie : l'écriture. Je ne cède pas ma place aussi facilement ! Consciente que personne ne m'attend dans ce sérail-microcosme littéraire, à moi de rentrer par les portes annexes !

Je vous livre le poème qui a été pré-selectionné pour la nouvelle aventure du concours Paris Poésie Edition 2009. J'espère que ce dernier fera partie comme les précédents de la 4ème édition.

C'est parce que les votes se font sur intra-paris que je me permets de le publier ici en toute liberté...

Un poème dont le sujet me vrille les tripes à chaque fois que je croise ces marionnettes déshumanisées, ces hommes et femmes en errance...Un sourire, un bonjour c'est peu mais pour eux c'est beaucoup...Qui sait ? la frontière qui nous sépare est parfois invisible...





SDF

Le dos courbé par le poids de la misère
Ils tracent le macadam à pas comptés
Leur quotidien c’est pire que la galère
De survivre ils en ont parfois assez

Nous qui les croisons sans les voir
Ces silhouettes aux visages burinés
Dans leur regard ne brille nul espoir
Leur présent se conjugue au passé

Pour seul fidèle compagnon, un chien
Dans son regard mouillé de la tendresse
De leurs semblables ils n’attendent rien
Ils n’ont que la bouteille pour maîtresse

Quand la faucheuse un jour le surprendra
Dans son fragile sommeil ou dans une rixe
L’homme fatigué dans la mort s’endormira
Ainsi va la morne vie d’un sans domicile fixe






Copyright©Maryline Martin octobre 2008











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Ajout du 17/02/09

Le poème a été publié ici :