20 janvier 2008

Mes lectures de Janvier 08

Alberto Moravia : Nouvelles Romaines

Laurent Graff : Les Jours Heureux, Voyages, Voyage

Yves Josso : Eté Meurtrier à Pont-Aven

Doris Dürrer : La petite robe bleue, Bouddha et Cie

Annie Ernaux : Je ne suis pas sortie de ma nuit

Alain Germain : Les grenouilles de Saint Pierre (génial, je vous en reparlerai ;))
Patrick Modiano : Un pedigree
Henri Calet : le croquant indiscret

J'aime lire des auteurs nouveaux, de ma génération avec le sentiment de faire une vraie découverte et rêvant du jour où un(e) lecteur (rice) en fasse de même pour mon premier roman... c'est le cas pour Patrick Goujon.

Modiano, je l'ai découvert adolescente, dans "Quartier Perdu", il est un des auteurs qui selon mon point de vue, qui écrit le mieux sur la quête identitaire, le temps qui passe et semble lutter contre l'oubli.
J'ai aimé : La place de l'Etoile, Dora Bruder, Dimanches d'Août, Rue des boutiques obscures, Villa Triste, Livrets de Famille...
Je suis une inconditionnelle de cet auteur qui livre à chacun de ses romans un peu de lui même, un puzzle de ses émotions...
Connaissez-vous HENRI CALET ?

Né à Paris le 3 mars 1904, Henri Calet s'est inspiré de sa vie difficile et bouleversée pour écrire son œuvre. Il passe sa jeunesse en Belgique, souvent dans la rue et solitaire. Son chef-d'oeuvre, Le Tout sur le tout (que je vous recommande), est consacré au Paris populaire, ville qu'il affectionne et parcours en tout sens. Fait prisonnier en 1940, il s'évade. Comme journaliste, il collabore à différents journaux, dont Combat, Marie-France, Carrefour et Le Parisien libéré ainsi qu'à la radio et la télévision. La vingtaine d'ouvrages qu'il publie demeurent relativement inconnus du grand public. Il est mort à Vence, le 14 juillet 1956.
Autant d'univers différents pour laisser vagabonder et nourrir mon imaginaire !




14 janvier 2008

Il ne vous reste qu'une photo à prendre

Il ne vous reste qu’une photo à prendre. Vous avez tout le temps que vous voulez.
Vous avez le choix de l’appareil.
Il s’agit, entendez bien, de votre dernière photo. Laquelle prendriez-vous?

***

Hier soir, je feuilletais avec nostalgie l’autobiographie de Jean-Claude BRIALY «Le Ruisseau des Singes » . Des photographies appartenant à la collection privée de ce comédien trop tôt disparu étaient placées dans le carnet central. Je m’interrogeais alors sur la fragilité de nos vies, sur ce temps qui passait à une vitesse folle et au mot « fin » de notre histoire personnelle. Nos albums photos finiront ils dans un vide greniers ou seront ils à jamais perdus dans les disques durs de nos ordinateurs ?

Ces moments à tout jamais fixés sur la pellicule, ces fantômes du passé et mes interrogations sur ce temps qui passe et qui ne se rattrape plus je les ai retrouvées ce matin au travers d’une lecture d’un jeune auteur que je découvre depuis quelques mois au fil de ses écrits.

Hasard où coïncidence ? L’action du roman de Laurent Graff se situe à Rome et il est question de l’ultime moment fixé sur la pellicule…

Cela sonne comme un arrêt : la dernière photo. Comme il y a le dernier verre, le dernier jeton ou l'ultime message. Graff invente la forme neuve de la roulette russe : l'objectif à l'oeil, comme le canon tout contre la tempe. On presse : y a-t-il une vie, passé le couperet de l'ultime clic ? Jeu, set et match ? Neigel, le héros, se cogne à tous les angles d'un deuil amer, celui de M. Un jour à Rome, Méphisto, entendez un sieur Giancarlo Romani (un homme que l'humain intéresse, ex-prêtre) lui offre un voyage et un appareil photographique. Règle du jeu : clore la bobine en prenant 'la dernière photo'. Il n'est pas seul à jouer : d'autres sont là, comme lui, avec leur dernière case à cocher : un Japonais, maître-pêcheur de carpe, un ex-mannequin et Eros (de Bilbao). Alors, que prendre dans les rets du viseur ? Une photo qui résumera tout, apocalypse intime, une photo pour rien, une photo de rien, un souvenir à loger au coin d'un miroir, un fragment d'idéal. Geste dérisoire, simple pression, mais choix décisif. Chacun choisira de prendre ou de ne pas prendre LA photo. Neigel, lui, en fera un rendez-vous fantomatique, une hallucination douce, en reviendra plus léger. Tout cela semble bien innocent. Vraiment ?

J'ai aimé la plume acerbe de Graff . Cet auteur discret et sans prétention aucune lorsqu'il se présente*lie avec une précision déconcertante ironie et humour noir. La fuite du temps qui passe, la mort sont omniprésentes dans les trois romans que j’ai pu lire. Laurent Graff accompagne ses personnages toujours avec tendresse et empathie. Les sujets de ses courts romans à l'apparence anodine frôlent avec le fantastique et le mystère. L'homme est une énigme et l'écrivain essaie de trouver la clé...
*présentation de l'écrivain : La biographie de Laurent Graff n’a aucun intérêt. Archiviste de profession, il n’est jamais monté à cheval. Il cultive la discrétion et l’effacement au profit d’une vision générique et zoologique de l’homme, souvent cruelle, que l’on retrouve dans ses livres. Âgé de 38 ans, il compte vivre vieux le plus longtemps possible. Il est en bonne santé.
J'aime assez ces présentations un brin ironique de ces personnes qui ne se prennent pas la tête et sans être dilettantes (sans jeu de mot aucun pour sa maison d'édition !) n'ont pas la prétention d'être des écrivains mais des auteurs...Laurent si vous passez par hasard par là bienvenue au club de ceux qui usent de l'humour comme rempart ou bouclier !

Ils ont dit aussi :

Comme toujours avec Laurent Graff, la profondeur du propos se cache derrière une apparente légèreté que renforce la limpidité de son écriture. Mais écoutons ce qu'il dit de notre condition de mortels et de la fuite du temps, contre lesquelles aucune photo ne peut rien.

Arnaud Guillon, Service Littéraire, décembre 2007.

Ca a l'air léger et innocent, raison de plus pour s'en méfier. Dans la continuité du Cri, Laurent Graff trouve sa voix, souple, ironique et inquiétante.

Pierre Assouline, Le Nouvel Observateur, septembre 2007.

Je vous recommande aussi : Les Jours Heureux (2001), le Cri (2006) par contre je n'ai pas aimé Voyage, voyages : Ce voyageur immobile aime par dessus tout vagabonder entre les jambes de ses compagnes et les descriptions par trop crues et à la limite gynécologiques de ses conquêtes ont gaché ma lecture ...dommage !

2 janvier 2008

Belle Année !


Je vous souhaite une année 2008 sereine, d'écrire de belles pages personnelles ainsi que de belles lectures qui sont autant d'invitations au voyage...
Bien à vous ...