Vous avez le choix de l’appareil.
Il s’agit, entendez bien, de votre dernière photo. Laquelle prendriez-vous?
***
Hier soir, je feuilletais avec nostalgie l’autobiographie de Jean-Claude BRIALY «Le Ruisseau des Singes » . Des photographies appartenant à la collection privée de ce comédien trop tôt disparu étaient placées dans le carnet central. Je m’interrogeais alors sur la fragilité de nos vies, sur ce temps qui passait à une vitesse folle et au mot « fin » de notre histoire personnelle. Nos albums photos finiront ils dans un vide greniers ou seront ils à jamais perdus dans les disques durs de nos ordinateurs ?
Ces moments à tout jamais fixés sur la pellicule, ces fantômes du passé et mes interrogations sur ce temps qui passe et qui ne se rattrape plus je les ai retrouvées ce matin au travers d’une lecture d’un jeune auteur que je découvre depuis quelques mois au fil de ses écrits.
Hasard où coïncidence ? L’action du roman de Laurent Graff se situe à Rome et il est question de l’ultime moment fixé sur la pellicule…
Cela sonne comme un arrêt : la dernière photo. Comme il y a le dernier verre, le dernier jeton ou l'ultime message. Graff invente la forme neuve de la roulette russe : l'objectif à l'oeil, comme le canon tout contre la tempe. On presse : y a-t-il une vie, passé le couperet de l'ultime clic ? Jeu, set et match ? Neigel, le héros, se cogne à tous les angles d'un deuil amer, celui de M. Un jour à Rome, Méphisto, entendez un sieur Giancarlo Romani (un homme que l'humain intéresse, ex-prêtre) lui offre un voyage et un appareil photographique. Règle du jeu : clore la bobine en prenant 'la dernière photo'. Il n'est pas seul à jouer : d'autres sont là, comme lui, avec leur dernière case à cocher : un Japonais, maître-pêcheur de carpe, un ex-mannequin et Eros (de Bilbao). Alors, que prendre dans les rets du viseur ? Une photo qui résumera tout, apocalypse intime, une photo pour rien, une photo de rien, un souvenir à loger au coin d'un miroir, un fragment d'idéal. Geste dérisoire, simple pression, mais choix décisif. Chacun choisira de prendre ou de ne pas prendre LA photo. Neigel, lui, en fera un rendez-vous fantomatique, une hallucination douce, en reviendra plus léger. Tout cela semble bien innocent. Vraiment ?
Ces moments à tout jamais fixés sur la pellicule, ces fantômes du passé et mes interrogations sur ce temps qui passe et qui ne se rattrape plus je les ai retrouvées ce matin au travers d’une lecture d’un jeune auteur que je découvre depuis quelques mois au fil de ses écrits.
Hasard où coïncidence ? L’action du roman de Laurent Graff se situe à Rome et il est question de l’ultime moment fixé sur la pellicule…
Cela sonne comme un arrêt : la dernière photo. Comme il y a le dernier verre, le dernier jeton ou l'ultime message. Graff invente la forme neuve de la roulette russe : l'objectif à l'oeil, comme le canon tout contre la tempe. On presse : y a-t-il une vie, passé le couperet de l'ultime clic ? Jeu, set et match ? Neigel, le héros, se cogne à tous les angles d'un deuil amer, celui de M. Un jour à Rome, Méphisto, entendez un sieur Giancarlo Romani (un homme que l'humain intéresse, ex-prêtre) lui offre un voyage et un appareil photographique. Règle du jeu : clore la bobine en prenant 'la dernière photo'. Il n'est pas seul à jouer : d'autres sont là, comme lui, avec leur dernière case à cocher : un Japonais, maître-pêcheur de carpe, un ex-mannequin et Eros (de Bilbao). Alors, que prendre dans les rets du viseur ? Une photo qui résumera tout, apocalypse intime, une photo pour rien, une photo de rien, un souvenir à loger au coin d'un miroir, un fragment d'idéal. Geste dérisoire, simple pression, mais choix décisif. Chacun choisira de prendre ou de ne pas prendre LA photo. Neigel, lui, en fera un rendez-vous fantomatique, une hallucination douce, en reviendra plus léger. Tout cela semble bien innocent. Vraiment ?
J'ai aimé la plume acerbe de Graff . Cet auteur discret et sans prétention aucune lorsqu'il se présente*lie avec une précision déconcertante ironie et humour noir. La fuite du temps qui passe, la mort sont omniprésentes dans les trois romans que j’ai pu lire. Laurent Graff accompagne ses personnages toujours avec tendresse et empathie. Les sujets de ses courts romans à l'apparence anodine frôlent avec le fantastique et le mystère. L'homme est une énigme et l'écrivain essaie de trouver la clé...
*présentation de l'écrivain : La biographie de Laurent Graff n’a aucun intérêt. Archiviste de profession, il n’est jamais monté à cheval. Il cultive la discrétion et l’effacement au profit d’une vision générique et zoologique de l’homme, souvent cruelle, que l’on retrouve dans ses livres. Âgé de 38 ans, il compte vivre vieux le plus longtemps possible. Il est en bonne santé.
J'aime assez ces présentations un brin ironique de ces personnes qui ne se prennent pas la tête et sans être dilettantes (sans jeu de mot aucun pour sa maison d'édition !) n'ont pas la prétention d'être des écrivains mais des auteurs...Laurent si vous passez par hasard par là bienvenue au club de ceux qui usent de l'humour comme rempart ou bouclier !
Ils ont dit aussi :
Comme toujours avec Laurent Graff, la profondeur du propos se cache derrière une apparente légèreté que renforce la limpidité de son écriture. Mais écoutons ce qu'il dit de notre condition de mortels et de la fuite du temps, contre lesquelles aucune photo ne peut rien.
Arnaud Guillon, Service Littéraire, décembre 2007.
Ca a l'air léger et innocent, raison de plus pour s'en méfier. Dans la continuité du Cri, Laurent Graff trouve sa voix, souple, ironique et inquiétante.
Pierre Assouline, Le Nouvel Observateur, septembre 2007.
Je vous recommande aussi : Les Jours Heureux (2001), le Cri (2006) par contre je n'ai pas aimé Voyage, voyages : Ce voyageur immobile aime par dessus tout vagabonder entre les jambes de ses compagnes et les descriptions par trop crues et à la limite gynécologiques de ses conquêtes ont gaché ma lecture ...dommage !



0 commentaires:
Enregistrer un commentaire