28 décembre 2007

Dolce Vita




Tous les chemins mènent à Rome, je ferai mien ce proverbe dans quelques heures...


Fouler le sol romain, embrasser la douceur de vivre de cette capitale traversée par le Tibre, contempler son architecture unique : des temples antiques aux églises baroques...S'y promener et s'y perdre aussi pour retracer l'histoire de l'art de tout l'Occident tel est mon programme à l'aube de l'année nouvelle.


Envie de caler mes lectures avec mon actualité, je prendrai donc l'avion en compagnie d'Alberto Moravia et ses "Nouvelles Romaines". Ces dernières m'accompageront telles des amies confidentes dans le dédale de ce voyage improvisé.


"Dans Nouvelles Romaines, Moravia se mue en conteur, dans le cadre d'une tradition typiquement italienne...Il retrouve une connivence foncière avec le petit peuple de Rome, sa patrie profonde et pittoresque, et le lieu d'un certain bonheur d'être, dans une dolce vita qui n'a rien de fellinien. "Nino Frank






26 décembre 2007

Le Fantôme de La Rotonde

Quartier du Montparnasse, par une belle journée d’automne, Fanny se laisse porter par l’air du temps dans ce Paname qu’elle affectionne. Habitant et travaillant dans le quatorzième arrondissement de Paris, elle fait corps avec son quartier où cohabitent en toute quiétude bourgeois bohèmes et une population plus modeste.


Adorant se perdre dans le dédale de ses petites rues aux pavés usés et policés par les pas de ceux qui l’ont précédés, il lui semble parfois entendre en passant tout près des portes cochères, des serments murmurés d’une autre époque. Fanny a une imagination fertile lui permettant d’embellir un quotidien parfois morose.


Juchée sur ses escarpins, serrée dans un petit tailleur en vichy noir et blanc et coiffée d’un petit béret assorti, Fanny n’est pas une victime de la mode. Elle est comme ces poissons qui remontent les rivières à contre courant. Pourtant bien campée dans son époque où la retiennent les nouvelles techniques de l’information et de la communication, elle a gardé la nostalgie d’une certaine France élégante et mystérieuse.
Des Vélibs slaloment sur les trottoirs. A grands coups de sonnettes, les cyclistes demandent aux piétons de leur laisser le passage.


Fanny n’en a cure, elle est la reine du Monparnos. Elle s’invente une ligne imaginaire sur l’asphalte qu’elle arpente telle une ballerine en équilibre sur un fil. Lui revient en mémoire, une citation entendue dans un film de Truffaud « les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens lui donnant son équilibre et son harmonie ».
Fanny toute à ses réflexions a oublié le temps et l’heure mais son horloge interne la ramène à une réalité plus terre à terre : elle a faim.


La suite bientôt en version écrite ici :








©Maryline Martin. EXTRAIT de la nouvelle 'le fantôme de La Rotonde' Octobre 2007.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Editions Nouvelles Paroles.



Alice Prin alias Kiki de Montparnasse





Il est des coins de Paname qui me parle plus que d'autre...
Le 14ème arrondissement est tout à la fois écolo-bobo mais se veut aussi le repaire de nombreux artistes : peintres, écrivains, acteurs...Aux détours de ces ruelles on peut les croiser faisant leurs courses en toute simplicité sans avoir le visage mangé par d'immenses lunettes noires...
A pas de velours, Miss Tic appose sa griffe sur les pierres des maisons séculaires...Une grâce légère, un défi contre le temps...
Le quartier du Montparnasse est un endroit que j'affectionne, caractérisé par les arts, sa partie ouest héberge la gare, les cafés, les théatres (de nombreux célèbrent la rue de la Gaité anciennement rue de la Joie) et les music-halls.
C'est aussi un état d'esprit : l'esprit "Montparno"...De nombreux artistes s'y installent au début du XXème siècle : des peintres mais aussi des poètes.
Il m'arrive par moment d'écouter le vent qui murmure à mon oreille le souvenir de ce quartier, de ces femmes et de ces hommes qui ont marqué de leur empreinte l'histoire notre Histoire... Une femme, Alice Prin m'a interpellé...


KIKI DE MONTPARNASSE, élue Reine de Montparnasse, muse de Man Ray, amie de Foujita, Cocteau, Desnos me sourit et me prends à partie...
Son pseudonyme résonne encore de la rue Delambre à la rue Campagne Première...
et après l'avoir écouté j'ai décidé de prolonger notre conversation au travers de son livre de souvenirs...
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Kiki de Montparnasse, Souvenirs retrouvés,Corti, 2005

Présentation de l'éditeur1929. Paris s'amuse... avant la crise. Une petite fille de rien du tout est élue Reine de Montparnasse. Man Ray publie d'elle des photos coquines et Ernest Hemingway rédige une préface pour l'édition américaine de ses Souvenirs. Kiki, vingt-huit ans, a déjà connu Modigliani et Soutine, Desnos, Kisling...
Le texte de 1929 nous semble bien édulcoré, très en deçà de l'extraordinaire version définitive rédigée neuf ans plus tard et disparue depuis soixante-cinq ans. Le manuscrit gisait au milieu de milliers de cartons avec, sur une petite étiquette de bristol, cette simple mention : " infiniment précieux ". Voici enfin les Souvenirs retrouvés de Kiki de Montparnasse, dans une version intégrale au style inégalable et que l'on n'est pas prêt désormais d'oublier. N'ayant rien à prouver, ni quiconque à ménager, Kiki se livre sans fard et sans arrière-pensée. La censure américaine ne supportera pas le style leste de ses histoires et le livre entrera dans la légende, interdit comme Ulysse de Joyce.


et plus encore dans cette biographie écrite par Lou Mollgaard qui a soutenu une thèse sur "La Parisienne des Années Folles" ...

Pour ma part, le fantôme de Kiki hantant les abords de La Rotonde m'a inspiré ce texte

"Le fantôme de La Rotonde" dont je vous livre plus haut un extrait...

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A Suivre ...

18 décembre 2007

Lecture et écriture ...



Choisir un livre à la bibliothèque, dans une librairie ou chez un bouquiniste, n'est pas un acte anodin pour moi. C'est aussi palpitant, effrayant qu'une rencontre galante. Le lieu a de l'importance, l'engagement n'est pas le même, il y a du speed dating dans l'air quand le rendez-vous s'informatise par carte magnétique interposée.


L'odeur d'encre fraîche de la librairie n'a pas encore trop de prise sur moi, à la virginité du vélin je préfère les effluves du papier jauni, de la couverture propre mais parfois raccornie...J'aime les livres qui ont une âme. Ceux dans lesquels le précédent lecteur a oublié un marque page, glissé une annotation ou tout simplement écrit son prénom sur la page de garde...

Le titre et la couverture sont une incitation à la lecture, une première prise de contact entre l'auteur et le lecteur. C'est le carton d'invitation que l'on pouvait glisser autrefois sur une coupelle d'argent. L'auteur s'annonce. Le lecteur, lui, s'incline ou décline l'invitation. Si la 4ème de couverture sait effleurerl'intrigue pour susciter le désir et l'envie, ils seront tous deux au rendez-vous.


Ecrire est un acte d'amour, c'est un accouchement parfois dans la souffrance mais c'est aussi une expiation de tous les maux. Une bonne douche salvatrice ou l'orthographe et la grammaire sont des onguents salvateurs. Lire permet de fuir le quotidien, le magnifier....Un point de suspension dans l'espace temps. Je repense à Odette Toutlemonde qui s'élève en apesanteur lorsqu'elle est plongée dans les romans de son auteur favori.


On parle de la saison des amours, en est il de même pour la lecture ? Il me semble lire en toutes saisons, peut être avec une prédilection pour l'été propice aux vacances, à la décontraction. Les journées sont plus longues et l'on peut considérer le temps comme un élastique étirable à souhait. Pourtant l'hiver, j'aime me glisser sous ma couette et dévorer les enquêtes de Victor Legris entre autre.


Ma rencontre avec le livre date de 1972. J'avais alors 5 ans et je me souviens très bien de la collection Rouge et Or Dauphine et du titre "les Malheurs de Sophie", depuis ce premier rendez-vous le ventre de ma bibliothèque n'a cessé d'enfler et on entend parfois le bois craquer devant tant d'histoires ! Depuis mes goûts ont évolué, j'aime beaucoup les biographies surtout celles écrites par Jean Chalon. J'aime aussi redécouvrir des auteurs vedettes en leur temps que notre époque moderne a relégué aux oubliettes. Qui se souvient de Germaine Acrémant et des dames aux chapeaux verts ?


Par ailleurs, les mots m'ont kidnappée un jour de 2003, l'histoire d'une dame en bleu s'est imposée tout naturellement à moi. Les mots jaillissaient comme une source qui ne se tarissait pas ...S'en est suivi un recueil de nouvelles et un petit succès d'estime. De lectrice je passais au statut d'auteure et comme je ne voulais pas me la jouer artiste je rajoutais "d'un mètre soixante douze !"


Depuis je continue à écrire, et je dévore les livre autrement. Je n'ai plus le même regard sur le mot qu'auparavant. Ma perception de la lecture n'est plus la même, elle n'en a pas été altérée bien au contraire. Toutefois je constate le choix de l'auteur pour un mot plutôt qu'un autre, j'enrichis mon vocabulaire comme par le passé mais je perçois cette sensibilité en plus...